Ayeva Essofa redonne des couleurs à Sokodé

Ayeva Essofa redonne des couleurs à Sokodé

Les cadres de Tchaoudjo, dans la région Centrale, se sont retrouvés samedi dernier à Sokodé pour procéder au lancement d'un vaste projet de réalisation d'infrastructures dans la cité. A l'origine de cette mobilisation, le général Ayéva Essofa, chef d'Etat major général des Forces armées togolaises (FAT). Dans un entretien accordé à republicoftogo.com, le patron de l'armée donne des précisions et annonce la prochaine inauguration du nouveau stade de la ville. Un ouvrage entièrement financé par le chef de l'Etat. « C'est un cadeau précieux pour les populations de Tchaoudjo », explique le général.
Republicoftogo.com : En quoi consiste cette mobilisation des populations de Sokodé ?

Ayeva Essofa : Nous sommes partis du principe que personne ne viendra de l'extérieur pour construire notre ville. C'est pour cela que nous nous sommes organisés avec les chefs de la localité pour identifier un certain nombre de besoins dans les quartiers de la ville.

Vous savez que Sokodé est traversée par plusieurs petites rivières ; il manque des points de passage pour relier les quartiers entre eux.

Notre projet vise à réaliser environ 9 dalots, 1400 mètres linéaires de caniveaux, 5 km de rue non bitumées et la construction de quatre passages buisés de 7 mètres avec un rechargement ponctuel de toutes ces rues.

Cela va coûter environ 131millions de Fcfa.

Nous avons eu des contributions financières dont celle du président du Togo, Faure Gnassingbé. Nous voulons saisir l'occasion pour le remercier pour l'attention particulière qu'il accorde aux besoins des populations de la préfecture de Tchaoudjo et particulièrement de la ville de Sokodé. Nous lui dédions ce projet et nous le soutenons fermement pour la politique de paix et de développement qui nous permet aujourd'hui d'initier ce genres de projets pour nos localités.

C'est vrai que cette initiative est modeste par rapport aux besoins actuels, mais nous pensons que c'est un début et nous invitons toutes les bonne volontés à s'y associer, notamment nos frères de la diaspora.

Republicoftogo.com : Le chef de l'Etat a aussi financé la reconstruction du stade de Sokodé, où en sont les travaux ?

Ayéva Essofa : La construction du stade tire pratiquement à sa fin. Le coût de réalisation de ce joyau est aujourd'hui évalué à 470 millions. Il inclus la piste d'athlétisme, le bureau de la Fédération togolaise d'athlétisme dans l'enceint du stade, les assainissements, la réhabilitation de la clôture.

La capacité du stade a également été augmentée avec 15.000 places au lieu de 11.500 places prévues initialement. Le président a accepté d'apporter des additifs budgétaires pour que tous ces travaux puissent être réalisés. Je pense que d'ici fin novembre, les travaux devraient être achevés.


Publié le 28 October 2009.
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# Posté le lundi 02 novembre 2009 16:30

Bassirou Ayéva : « La misère ne doit pas tuer la création et l'esprit de créativité»

Bassirou Ayéva : « La misère ne doit pas tuer la création et l’esprit de créativité»
Bassirou Ayéva : « La misère ne doit pas tuer la création et l'esprit de créativité»



M. Bassirou Ayéva
Coordinateur Général
de Togo Kultur Plus
Avec plus de 30. 000 témoins à sa naissance les 19, 20 et 21 décembre 2008 à Sokodé, le Festival National de la Musique Traditionnelle Kétékpé ou FESTÉKPÉ, s'est du coup imposé sur l'agenda culturel togolais, africain, comme un évènement culturel majeur. Le prochain rendez-vous est prévu pour les 4, 5 et 6 décembre 2009.
Dès lors, les préparatifs se poursuivent pour donner à cette 2ème fête de la culture tout son faste. Pour avoir une idée plus précise de l'état d'avancement de l'organisation 2009, nous nous sommes entretenus avec M. Bassirou AYEVA, le chef d'orchestre de cette initiative dénommée TOGO KULTUR PLUS, promotrice de ce projet culturel, qui suscite tant d'intérêt.
Togoforum.com : Mr Bassirou Ayeva, bonjour Le 07 mai 2009, vous avez conclu un Accord de Coopération avec la société organisatrice du festival de Film (Filmland) de l'État de Mecklenmburg – Vorpommern, en Allemagne. Cette cérémonie a eu lieu en présence du Ministre togolais de la Culture, M Keyewa Oulegoh, ainsi que de l'ambassadeur du Togo à Berlin, M. Paka Comlan. M. Le coordinateur, quel impact cette signature aura-t-elle sur la suite des activités de votre organisation particulièrement sur le prochain festival qui se tiendra en décembre 2009 à Sokodé au Togo.
Ayeva Bassirou : Cette signature, la première d'une longue série que nous sommes en train de négocier aussi bien en Allemagne qu'ailleurs, aura un très grand impact à la fois sur notre organisation que sur nos activités. À travers ce partenariat, Filmland, accordera une assistance matérielle et technique, procédera au transfert de savoir par le truchement de formation des membres de Togo Kultur Plus.

Notre action pour le changement politique, pour l'avènement d'une alternance démocratique au Togo passe impérativement par la recherche du bien être de nos populations. Et nous restons convaincus que la culture est un des piliers ou un des leviers du développement et de la lutte contre la misère. Cette misère qui ronge le peuple, mais qui ne doit ni tuer la création ni l'esprit de créativité.

Notre peuple se meurt. Il n'a ni pain, ni perspective. Voilà le challenge auquel nous devons nous atteler. Lui donner des repères, lui redonner le droit au rêve et le droit d'espérer. C'est cela la philosophie du Festival organisé et animé par les femmes et les hommes de divers horizons, de diverses opinions politiques et de diverses religions sous le thème: “ La Culture comme élément identitaire et facteur de développement “, tout un programme. C'est un programme que nous nous engageons à réaliser à court, à moyen et à long terme, malgré toutes sortes de contraintes. Et la conclusion de cet accord entre cette organisation allemande et la nôtre, nous offre d'énormes opportunités, et une dimension internationale.

Notre opposition au régime en place ne doit pas nous rendre aveugles, sourds voire cyniques devant les souffrances de notre peuple. Nous parlons toujours de pauvreté, d'impunité, de pauvreté et d'alternance politique, chez nous. Comment combattre ces gangrènes et se donner les moyens d'une réelle alternance politique et assurer le bonheur pour tous si nous ne développons pas un combat plus intelligent, si nous ne nous parlons pas, si nous ne rassurons pas ? Le Ministre et l'Ambassadeur ont été invités par les organisateurs du Festival de Film. Tout comme Mme le Maire de la Ville et du Président de la ville de Schwerin, ils ont assisté à cette cérémonie. Pour moi, ces présences ont donné un cachet officiel voire solennel à cette cérémonie. Quant au reste, “ no comment “, chacun faisant la lecture de l'évènement selon son angle, selon ses fantasmes.

Mon combat politique et mon engagement culturel ont un dénominateur commun qui est l'amélioration des conditions de vie de mes concitoyens.

La signature de cet Accord, comme je le disais, nous ouvre de nombreuses perspectives. Déjà, le grand théâtre de Schwerin nous a promis un podium mobile de 15 m sur 10 et d'une hauteur d'un mètre. Nous avons également évoqué la cruciale question de sonorisation, de lumière, de traverses... Nous avons eu des promesses fermes. Et tout cela nous permettra si tout va bien, d'améliorer la qualité technique du Festival et bien sûr de soutenir d'autres évènements culturels au Togo.

Togoforum.com : À peine les rideaux étaient ils tombés sur les trois intenses journées de le première édition du premier Festival National de Musique traditionnelle Tem, “ FESTÉKPÉ “, que vous avez annoncé les dates de l'édition 2009, pour les 4, 5 et 6 décembre. Quel bilan faites-vous du Festival 2008 ?
Ayeva Bassirou : Nous avons encore en mémoire la ferveur, l'adhésion populaire et l'engouement qu'a suscité cette première édition. C'est encore comme si cet évènement culturel venait d'avoir lieu ou qu'il était encore en train de se dérouler au stade municipal de Sokodé, relayé par La Voix d'Assoli, Radio Tchaoudjo, Radio Méridien et Radio Venus. Le bilan que nous tirons est globalement positif. Sur le quadruple plan artistique, technique, populaire et financier.

Sur le plan artistique, ce Festival a révélé de véritables talents artistiques du pays Tém, pour ne pas dire du Togo. Certes le rythme Kétékpé était à l'honneur, mais le public a pu découvrir et savourer les rythmes des différents groupes et genres musicaux du terroir Tém.

Au niveau technique, ce rendez–vous nous a permis de toucher du doigt le dénuement dans lequel vit le pays sur le plan des structures techniques devant sous-tendre l'épanouissement de l'art au Togo . L'industrie culturelle a, pour sa promotion, besoin de moyens techniques sécurisants et fiables. Ce qui n'est pas le cas au Togo et précisément à Sokodé où s'est déroulé le Festival. Le podium sur lequel se sont produits les artistes était plus que branlant. Et il fallait faire venir le reste du matériel de Lomé ou de Kara.

Entière satisfaction au niveau de l'adhésion populaire. Pendant les trois jours qu'a duré la fête, la population était présente. Plus de 30.000 témoins ont soutenu et accompagné l'initiative. Parmi eux, les chefs traditionnels, premiers soutiens de ce projet culturel, sans oublier la marraine du projet Mme Ilse Fliege, Consul du Togo à Shleswig-Holteins., Hamburg et Brème et d'autres amis Allemands qui ont fait le déplacement du Togo.

Enfin, le volet financier. La concrétisation de cette initiative nous a coûté non seulement de l'énergie physique et intellectuelle, mais aussi des moyens financiers, beaucoup de moyens. Nous avons pu rassembler ces moyens grâce à nos propres contributions, grâce au soutien de notre marraine, Mme Ilse Fliege, grâce aux contributions de certains frères du pays et bien sûr grâce au sponsoring de Togocell.

Togoforum.com : Pour réussir une telle organisation, il faut se lever tôt. Combien de temps cela a-t-il fallu pour organiser un tel Festival ?
Ayeva Bassirou : La conceptualisation du projet a duré plus d'un an. La création d'une structure associative devant servir de cadre de travail pour l'organisation d'un tel projet a, aussi coûté plusieurs mois de concertation, avant lancement le 15 décembre 2007 à Wuppertal. Dès lors, le travail proprement dit a commencé, aussi bien au niveau de la diaspora qu'au Togo, où nous avons une équipe composée de femmes et d'hommes de différents horizons, pluridisciplinaires, très engagés et déterminés. Le travail a commencé et s'est poursuivi sans relâche jusqu'à la concrétisation du projet.

Togoforum.com : Dans un contexte politique où le vivre des Togolais est la survie au quotidien où l'inquiétude des Togolais est très prononcée quant à comment se nourrir, se soigner et éduquer ses enfants, pensez-vous que la culture reste encore une préoccupation ?
Ayeva Bassirou : Oui, la culture devrait être une préoccupation quel que soit le degré de misère dans lequel croupit un peuple et en particulier le peuple togolais. Justement c'est parce que au Togo, la misère a tué tout espoir d'un lendemain meilleur, qu'il faut inventer des évènements à faire rêver, à donner de la fierté, de la dignité et l'envie de se battre pour s'en sortir. Notre pays ne possède aucune ressource minière susceptible de nourrir ses enfants. Et même si c'était le cas, qui dit que les dignitaires du régime sauraient partager équitablement ces richesses ? C'est aussi là la vraie question, le vrai problème, celui du partage des ressources et des rares richesses du pays. Les juteux revenus de l'exportation de notre phosphate appartient presqu'au passé. Le pétrole qu'on aurait découvert on ne sait où, n'est toujours pas extrait. Alors, que faut-il faire? Subir la pauvreté ou inventer les mécanismes pour se donner non seulement la force d'espérer, mais aussi celle de se battre pour améliorer sa condition de vie ? On peut sortir de la misère à travers la Culture. D'autres pays l'ont démontré et l'ont réussi. Pourquoi pas nous? La culture peut être un des moteurs du développement. La ville de Schwerin où nous avons signé l'accord de coopération, tire l'essentiel de son budget de la culture et du tourisme.

La culture peut aider à développer un pays. Et si déjà sa promotion au Togo permettait à ses principaux acteurs de se nourrir, de se vêtir, de se soigner et d'envoyer leurs enfants à l'école, on pourra dire qu'un pan de la société s'en est sorti. Or chez nous, la chose culturelle est réservée à une élite, à des initiés. Elle paraît être un luxe. Pis, on ne prend pas conscience de cette culturelle manne. Et les acteurs culturels traditionnels eux, n'ont ni reconnaissance, ni retombés financières de leur travail, de leur création. En plus l'identité culturelle constitue une fondation sur laquelle vient s'ériger solidement tout projet de développent. Nous avons alors et aussi intérêt à sauver nos entités culturelles.

Togoforum.com : Qu'est-ce qui vous a inspirée l'idée d'un tel Festival ? La démission des autorités devant l'impératif culturel ou la conscience que la culture est un immense gisement qui peut générer autant de richesses que l'or ou le diamant ?
Ayeva Bassirou : Notre engagement trouve sa source dans la réponse aux deux questions. Il y a comme une absence d'une vigoureuse politique culturelle. Il y aussi, comme je l'ai dit plus haut que nous pouvons par la promotion de notre culture à la fois très riche et très variée booster le tourisme et attirer des étrangers, développer les secteurs de l'hôtellerie et de l'artisanat !. Et puis, il y a que mon boulot de journaliste m'a permis de traiter déjà de la question culturelle... Il faut ajouter une autre source de motivation, qui n'est pas la moindre et que ressent tout exilé, tout immigré, ou tout apatride, en manque permanent, ne serait-ce que d'une parcelle de son chez–soi. Et puisque le Togo n'est pas très présent à l'extérieur ; nous nous sommes engagés de faire quelque chose. En Allemagne par exemple, on ne connaît pas notre musique, notre peinture, notre littérature, nos danses, notre artisanat...C'est tout cela que nous nous engageons à corriger, en favorisant la promotion et les échanges des produits culturels entre l'Allemagne et le Togo.

Togoforum.com : Le Festival porte exclusivement sur un rythme: le Kétékpé. Pourquoi un tel choix et comptez-vous l'ouvrir aux autres rythmes du terroir Tém ou du terroir national, Ou de l'Afrique?
Ayeva Bassirou : Le choix du Kétékpé s'explique essentiellement par le fait que nous avons opté pour un Festival plein de vie, d'énergie et de dynamisme. Et vu que le Kétékpé est la musique des jeunes par excellence, elle ne pouvait que constituer le squelette central de notre projet. Non seulement ce rythme est celui des jeunes, mais il fascine toutes les générations et toutes les classes sociales par les messages et la philosophie de ses chansons, ainsi que de sa rythmique. Le Simpa, le Goumbé ... peuvent lui disputer toutes ses qualités. Mais nous avons préférer promouvoir le Kétékpé. Toutefois, tous les autres rythmes auront leur place dans le festival, à partir de cette année.

D'ailleurs, la prochaine édition verra la prestation de toutes les facettes culturelles, non seulement du terroir Tem, mais aussi de tout le Togo, de l'Afrique. Car, toutes les entités ethniques, vivant dans le territoire Tém (Tchaoudjo, Assoli, Fazaou ( Sotouboua ), Kri-Kri ( Tchamba ), se produiront hors compétition. Outre la musique, nous nous proposons d'animer une exposition d'art plastique...Il est prévu des stands d'exposition, ainsi que plusieurs activités culturelles et autres produits dérivés. Des projections de films animés par nos partenaires allemands seront programmées en marge du Festival proprement dit. En fait le programme n'est pas définitivement arrêté et il y aura des sujets tout aussi révélateurs qu'attrayants sur le plan artistique.

Togoforum.com : Quelle idée faites-vous réellement de la prochaine édition et quel est votre mot de fin?
Ayeva Bassirou : Depuis la fin de la précédente édition nous nous employons à réunir les moyens à la fois techniques que financiers. Notre souhait le plus ardent est d'obtenir le soutien des opérateurs économiques en termes de sponsoring.

Dès la première édition, le Festival s'est révélé être une alléchante vitrine pour annonceurs. Du point de vue de son impact populaire et de sa médiatisation, il est un précieux support publicitaire et de promotion, car il garantit visibilité et résonance, conjugue savoir faire moderne et traditionnel. C'est dire qu'il satisfait tous les goûts et touche toutes les couches sociales. Nous nous employons à convaincre les potentiels sponsors et à dénicher un sponsor principal. Car le Festival coûte beaucoup d'argent étalé entre la conception, la communication, les préparatifs, les frais de promotion, de transports, d'hébergement, de restauration, des primes de participation...

Nous sommes irrésistiblement en train de nous frayer un chemin sur le difficile terrain de l'industrie culturelle. Il nous faut nous donner les moyens, si nous tenons à réaliser le pari de faire tourner des artistes de notre pays dans certaines villes et capitales européennes. La prochaine édition démontrera plus de professionnalisme. Et mobilisera certainement plus de monde. Le Festival étant le produit phare de notre projet, nous devons garantir sa qualité, son originalité et sa richesse. La prochaine édition doit définitivement consacrer le produit afin qu'autour de lui naisse les sous-projets liés au social, à l'humanitaire et à l'environnement que nous entendons également développer.

Je ne saurais terminer cet entretien sans remercier toutes les personnes physiques ou morales qui nous ont permis de réaliser ce rêve. Remerciements aux s½urs et frères de la diaspora ainsi qu'à toutes celles et ceux qui au pays qui n'épargnent quotidiennement aucune peine pour accompagner ce projet culturel. Toute ma reconnaissance et mon admiration à toutes et à tous ces artistes venus de partout pour animer ce rendez-vous désormais historique.

Quant aux amis européens ou américains du Togo et de sa diversité culturelle, je les remercie pour leur soutien et leur demande de ne pas se lasser de nous suivre sur cette route, certes sinueuse mais porteuse tout de même d'espoir de brassage entre les peuples à travers des échanges culturels.

Enfin, je me fais le devoir de remercier les journalistes de la presse publique d'État, presse écrite, télévision nationale, Atop, la presse privée: TV2, la presse écrite privée, les radios régionales et nationales, les correspondants de la presse internationale, du site Togoforum.com qui ont par leurs articles et reportages donné un impact à la dimension de l'évènement.

Rendez-vous les 4, 5 et 6 décembre prochain à Sokodé, pour la seconde édition du Festival.

Togoforum.com : Nous vous remercions. Et rendez-vous donc en décembre 2009.
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# Posté le lundi 14 septembre 2009 10:39

Et si Ali Bongo inspirait Karim Wade !

Et si Ali Bongo inspirait Karim Wade !






Lorsque le président de la République du Sénégal a mis son fils au c½ur de la gestion des affaires publiques, les observateurs ont convoqué les aléas de la politique africaine. Conseiller spécial de son père, comme sa s½ur Sindjély qui s'apprêterait à faire son entrée dans le gouvernement, à l'image de Pascaline Bongo, « muezzin de son défunt « papa ». Karim Wade a été promu trois ans plus tard, patron de l'Agence nationale de l'organisation de la conférence islamique (Anoci) avant de devenir, depuis mais dernier, tout puissant ministre d'Etat, chargé des infrastructures, des transports aériens, de la coopération internationale et de l'aménagement du territoire.

Un peu comme l'aîné de Omar Bongo Ondimba qui lança son fils ministre sans en avoir l'âge (32 ans au lieu de 35) avant de le hisser ministre de la Défense jusqu'à sa mort et après. Mais auparavant, il lui poussa le fauteuil de député de son fief natal. Et, au Sénégal, Wade a voulu le faire aux dernières Locales en investissant Karim Wade sur la liste de la mairie de Dakar. Les ambitions et les circonstances sont là toutes similaires. Circonstances troublantes !

Mais, revenons aux similitudes entre deux fils de président- il en existe d'autres dans le continent africain- qui, par la grâce et la bénédiction de leurs pères ont réussi à se faire accepter, quelle qu'en soient les péripéties. Depuis la mort du « Boss », un des surnoms de Bongo-père, le Sénégal ne cesse de « copier »- intelligemment ou inconsciemment- sur la vie politique gabonaise, pourtant moins riche en atouts démocratiques. En effet, Wade a franchi le rubicond- et 2012 n'est pas encore loin pour parler de paroxysme monarchique- en faisant figurer Karim dans son gouvernement pour avoir « bien travaillé ». Une première du genre au pays qui a emprunté un modèle démocratique loué par tous, il y a 9 ans.

Omar bongo l'a fait plus tôt que Wade et tout semblait destiner les tripatouillages de la constitution taillée sur mesure à doter le fils d'une avance dans la course à la succession. On lui prête une grosse boîte à sous, comme on l'attribue à Karim Wade avec les milliards du béton dans le cadre de l'organisation du 11è sommet de l'Organisation de la conférence islamique.

Mais, sur le plan purement politique, Ali Ben Bongo aura remporté la Présidentielle du 30 août au moyen d'un scrutin à un seul tour contre ses adversaires. Du moins officiellement. Parallèlement au « pays de la Téranga (hospitalité) », on cuisine le même procédé : supprimer le scrutin majoritaire à deux tours au profit d'un seul. Si certains estiment que c'est un ballon de sonde, d'autres, en revanche, ne doutent point que l'intention du chef de l'Etat, c'est de frayer le chemin à son aîné. Mais attention aux conséquences fâcheuses post-scrutin, les mêmes qui frappent le Gabon depuis la proclamation des résultats controversés de jeudi dernier.

Ce pays était réputé- et c'était le thème principal de la campagne électorale- un « havre de paix » avant de basculer, en l'espace de quelques secondes, dans une violence qui aura surpris plus d'un. Mais sur un autre registre, Omar Bongo a conservé la vice-présidence de la République en laquelle beaucoup voyaient un siège bien gardé pour son fils. Mais, qui s'est finalement révélée un dosage ethnique pour conjurer les « identités meurtrières ». Le président Wade également a sur sa table la loi sur la vice-présidence qu'il ne tardera pas à promulguer. Une autre première au Sénégal. Une institution jalousée et que d'aucuns considèrent « faite pour le fils ».

Voilà quelques registres politiques qui apparentent Ali Bongo et Karim Wade. En attendant la confirmation d'ici 2012 ou après. Qui sait si Ali Bongo sera le laboratoire de Karim Wade !
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# Posté le dimanche 06 septembre 2009 11:38

Modifié le mardi 15 septembre 2009 08:11